Eric
succès margina l du moteur de recherche de Microsoft, Bing ou Qwant) qu’ il risque de rester dans cette position pendant des années.
Les entreprises du monde entier envient la position de Google à l’épicentre du monde digital
Malgré une organisation inintelligible, des rè gles d’indexation inconnue s , un système d’enchères publicitaires opaque, l’entreprise bénéficie de la confiance absolue de ses utilisateurs (qui lui confient tous leurs secrets intimes) et de ses clients publicitaires (qui lui confient leur argent et suive nt leurs rendements sur un outil fourni – gratuitement – par Google) .
La face sombre d’un outil de recommandation en situation de monopole
Pourtant Google a prouvé sa brutalité, que ce soit envers ceux qui ont enfreint ses lois, tels BMW ou JCPenney , qui o nt été déréférencés , ou ceux dont les intérêts économiques lui étaient contraires, tels les comparateurs de prix, jugés néfastes à partir du moment où Google propose cette fonction (Google Shopping) . Google nous a ment i (tout comme Facebook) au début de la décennie quand il a promis qu’il ne partagerait pas nos informations personnelles entre ses différents silos : de Google à Gmail, à Youtube, à DoubleClick, à Android. Je citerai enfin pour mémoire son mensonge originel selon lequel l’information est libre et gratuite. Ce comportement est d’autant plus inquiétant que l a firme aux 3,5 milliards de recherches par jour n’est plus un « simple » moteur de recherche mais un outil de recommandation qui influe sur les prises de décisions de 2 Mds d’utilisateurs . Ce tte prise en main de nos choix va se trouver décuplé e avec la reconnaissance vocale puisque nous ne verrons plus les choix existants. Nous ne prendrons en compte dans nos décisions que les recommandations vocales de Google Assistant. Ainsi Google, tout com me son concurrent haï Amazon , vont siffler en 2018 la fin des marques de grande consommation qui, tout comme la Presse, n’a rien vu (voulu voir) venir. Or, avec une part de marché de plus de 90% Google est tellement puissant qu’il est indétrônable et ne pe ut être concurrencé. Les amendes, même en milliards , ne lui font aucun effet – voyez celle de 2,4 Mds d ’€ de l’Union Européenne en juin 2017 , elle n’a fait ni baisser le cours de son action ni ciller son management.
Ma Bell et Microsoft
Si nous regardons le passé pour nous aider à réfléchir sur l’avenir, nous ne trouvons que deux parallèles avec la situatio n actuelle de Google : Ma Bell et , ironiquement, Microsoft. Ma Bell, en position monopolistique , a été démantelée par le législateur américain en 1983. Après tout un moteur de recherche est devenu tout aussi nécessaire – d’utilité publique – que le télépho ne. En situation hégémonique en Europe – sans aucune retombée économique notable sur le territoire, l’Union Européenne ira – t – elle jusqu’à interdire Google au vu du Règlement Général sur la Protection des Données en vigueur au 25 mai 2018 ? De son côté, Mic rosoft , à force d’étouffer tous ses concurrents potentiels au berceau a d’autant plus facilement ému le législateur pour le contraindre que son arrogance – une habitude dans le monde de la Tech – a rendu l’entreprise détestable aux yeux de tous.
S ans la dé capitation du roi Charles 1 er , Louis XVI aurait sans aucun doute gardé sa tête… sans parler de la proximité entre la roche Tarpéienne et le Colisée.
La puissance incomparable de Google est – elle l’annonce de son déclin ?
A propos de l’Auteur
Fondateur e t dirigeant de VUCA Strategy , 1er cabinet conseil spécialisé en e – commerce et en transformation digitale, Jean – Paul CRENN (ISG, MBA HEC) est et a été dirigeant d’entreprises de e – Commerce.